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1. Gustave Eiffel : un innovateur qui a transformé l'économie

Portrait de Gustave Eiffel

Erigée en plein coeur de Paris à l'occasion de l'Exposition universelle de 1889, la tour Eiffel marqua l'apothéose de la carrière de Gustave Eiffel, précédant de peu la descente aux enfers et le déshonneur...

Gustave Eiffel aurait dû être chimiste. Lorsqu'il naît à Dijon en 1832, ses parents tiennent en ville un commerce de charbon. Elève brillant, Gustave semble promis à un bel avenir. Pourquoi pas Polytechnique ? Envoyé à Paris en 1850 pour y préparer le concours, le jeune provincial est finalement recalé à Polytechnique mais admissible à l'Ecole centrale en 1852. Il en sort trois ans plus tard avec une spécialisation en chimie. Son idée est de reprendre la petite usine de teinture industrielle que tient l'un de ses oncles. Mais l'affaire ne se fait pas. A vingt-trois ans, le jeune ingénieur est en quête d'un avenir...

C'est grâce à sa mère que Gustave Eiffel fait son entrée dans l'industrie de la métallurgie, une discipline qu'il a étudiée à Centrale. Par elle, Gustave est en effet mis en rapport avec l'homme d'affaires et ingénieur Charles Nepveu. Pionnier de l'utilisation de l'air comprimé pour les forages, ce franc-maçon très lié aux frères Pereire dirige à Paris une entreprise de construction métallique. Gustave Eiffel y entre en février 1856.

Las ! Trois mois plus tard, l'affaire est au bord de la faillite et Nepveu sur le point de se suicider. L'industriel reprendra finalement le dessus. Touché par la fidélité que Gustave lui a manifestée, il lui propose de le faire entrer à la Compagnie des Chemins de Fer de l'Ouest que contrôlent les Pereire tout en continuant de collaborer avec lui pendant ses temps libres. Voilà donc le jeune ingénieur partageant son temps entre la Compagnie et Charles Nepveu, avec lequel il travaille sur le projet d'un pont métallique à Bordeaux pour le compte de la Compagnie du Midi des frères Pereire.

Surtout, Eiffel participe étroitement aux négociations que mène son protecteur avec les Pauwels, des industriels belges du fer auxquels il pense revendre son usine pour financer le pont de Bordeaux. Lorsqu'enfin la transaction est conclue, en 1857, Gustave Eiffel a tout lieu de se réjouir. Les Pauwels, qui l'apprécient, le nomment responsable des travaux du pont de Bordeaux.

Conçu par l'ingénieur anglais Abraham Darby à la fin du XVIIIe siècle, le principe du pont métallique a rapidement gagné la France où le premier pont construit en métal - celui des Arts - est inauguré en 1803. A Bordeaux où il s'est installé pour mener à bien la construction du pont sur la Garonne, Gustave Eiffel se fait d'emblée remarquer par sa grande maîtrise technique et ses talents d'organisateur.

Dans le monde encore très petit des ingénieurs spécialisés, il sait se faire apprécier de ses confrères des Ponts et Chaussées et des ingénieurs des compagnies ferroviaires. Il se lie ainsi avec Jean-Baptiste Krantz qui lui mettra plus tard le pied à l'étrier. Achevé en 1860, le pont de Bordeaux vaut à Gustave Eiffel une réputation flatteuse. A l'approche de ses trente ans, le jeune ingénieur est mûr pour fonder une famille. Le malheureux sera éconduit à cinq reprises avant, enfin, de trouver sa promise. Marguerite Gaudelet est la fille d'une relation de ses parents. Ni vraiment jolie, ni vraiment laide, elle n'a guère de fortune. Le mariage est célébré en 1862. Le couple s'installe à Clichy-La-Garenne.

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TRISTAN GASTON-BRETON est historien d'entreprises.
Les Echos du 25 juillet 2005

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